Les Dégenreuses

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Il était une fois… Mérida – De Princesse à Poupée – La magie de Disney

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Il était une fois Mérida. C’était la Princesse d’un film de Disney, Rebelle. Un jour, il fallut la couronner. Et son papa Disney lui faucha les pieds au moment de recevoir sa couronne, piétinant à terre un personnage dont il devrait être fier.

Il était une fois… Mérida

Mérida, c’est l’héroïne du film Rebelle (Brave pour les puristes) de Disney, sorti l’année dernière. C’est une de ces princesses que l’opinion publique a salué, non seulement par rapport à la beauté de sa réalisation graphique, notamment ses fameuses boucles rousses, mais aussi et surtout pour son personnage atypique. Et pour cause, la jeune fille ne sort pas d’un conte vieux de plusieurs siècles, contrairement à ses collègues Cendrillon, Ariel et Mulan.

Oui, Mérida, c’est une jeune fille qui plaît à tous, petits et grands, et surtout aux féministes. Peut-être parce que leur combat est un peu le même

Finalement, Rebelle n’a pas grand chose à voir avec les fanstasmes girl power de filles qui [commencent à travailler ensemble] sans offrir de véritable défi aux privilèges masculins. Mais il raconte l’histoire qui semble terriblement familière à celles et ceux qui mènent des travaux féministes dans le monde réel, complexe à en devenir fou.

The Schocking Radicalism of « Brave« , Amande Marcotte, in The American Prospect,
3 juillet 2012

La chevelure libre et rebelle, Mérida chevauche, refuse le carcan que veut lui imposer son statut et sa famille, refuse le corset des usages et de la robe, refuse de se faire emprisonner les doigts et le cœur par un anneau. Et elle y arrive plutôt bien jusqu’à la fin du film. Les soucis arriveront ensuite…

Quand arrive l’élément perturbateur…

C’est le couronnement. Un an environ après leur apparition sur le grand écran, les princesses des dessins animés rejoignent la Cour Disney. A cette occasion, elles sont « relookées ». Puis a lieu le couronnement, un spectacle vivant qui met en scène les personnages. Et le personnage rejoint enfin la constellation des Princesses.

Sauf que pour Mérida, Walt a trébuché dès la première marche : le relooking. Hé oui, dès son arrivé sur le site, il est loin de faire l’unanimité et subit un backlash général.

Pommettes fardés, grands yeux de biche, teint de pêche, léger décolleté, taille affinée… où est la Mérida rebelle que nous connaissions et aimions ? A l’indignation succède l’incompréhension. Pourquoi ? Brenda Chapman, qui a co-réalisé Rebelle et fut ainsi la première femme à recevoir l’Oscar du meilleur film d’animation, ne comprend pas non plus

On leur a offert sur un plateau d’argent l’occasion de donner à leur consommateurs quelque chose avec plus de substance et de meilleure qualité – QUI SE VENDRA QUAND MEME – et ils ont un total mépris pour ça dans leur  étroitesse d’esprit de ce qui fera des bénéfices.
J’oublie que le but de Disney est de faire des bénéfices sans crainte du manque d’intégrité. Suis-je bête.

Brenda Chapman, co-réalisateur de Rebelle
Propos recueillis cités par Paul Liberatore pour le Marin Independant Journal

Oui, nous aussi, on croyait que « Les Princesses Disney [stimulaient] l’imagination des petites filles, leur [permettaient] de croire en leurs rêves et de vivre leur propre conte de fées » (c’est ce que prétend Disney sur le site de ses Princesses) Mais non, Mérida, créée pour fissurer le modèle de la princesse classique et donner aux enfants une nouvelle princesse idole, semble condamnée à porter les chaînes d’un passé honni.

Qu’à cela ne tienne, une pétition est lancée pour rendre à la princesse sa véritable apparence. Ses auteurs s’affirment trahi·e·s par la marque. Finalement, il s’agirait plus d’être belle que rebelle.

À l’occasion de sa promotion au titre de princesses Disney, le relooking de Mérida fait du tort aux millions d’enfants pour qui cette héroïne est une figure qui valorise la femme plutôt que de la présenter comme un simple trophée à admirer.
En la rendant plus mince, plus sexy et d’apparence plus mature, vous signifiez aux jeunes filles que la version originale de Mérida adolescente et réaliste est inférieure à la nouvelle. Ce changement donne aux filles et aux garçons qui attachent de l’importance à Mérida – comme une vraie princesse – une image étroite de la beauté.

Traduction du Huffington Post 

Péripéties et ascenseur émotionnel

Quelques jours après la mise en ligne de la pétition, il semble que Disney ait retiré l’image de son site. La communauté, soulagée, s’attend à un design plus respectueux du personnage, d’autant plus qu’entre temps a eut lieu le couronnement officiel de la princesse. Mérida est apparue sans minauderie aux pieds du palais Disney, robuste et fière, la chevelure rebelle, et, plus que la couronne, c’est son arc qu’on lui remet comme signe de sa force et de son indépendance, et par respect pour ses passions.

Le 15 septembre, malgré les 200 000 signatures atteintes par la pétition, Disney semble ne pas vouloir abandonner ce nouveau look.

Mais le combat continue sur Twitter où les convaincu·e·s multiplient les #KeepMeridaBrave à l’intention de @Disney, affirmant qu’ils ne veulent pas de cette Mérida là et appelant au boycott  avec le hashtag #NotBuyingIt.

Nous aussi, on vous invite à #RT !

La nouvelle Mérida a fait son apparition sur les réseaux de distribution.

Oui, c’est Mérida.

Voilà la poupée à la soi-disant effigie de Mérida que l’on peut actuellement trouver sur ce site de vente en ligne américain qui présente la Ultimate Disney Princess Collection de Disney Princesses. Rien à voir avec notre héroïne, il s’agit d’une version lissée de l’héroïne de Rebelle. Même ses fameuses boucles ont été dressées. Sûr qu’elle correspond mieux au design que Disney avait révélé et contre lequel les fans se sont insurgé·e·s et qu’elle se fond dans la farandole princière. La différence entre Mérida et une autre princesse ? On l’entraperçoit vaguement, aux manches longues et aux bouclettes sur ce visuel. Elle aura tôt fait de disparaître, on le devine, au fur et à mesure des sorties des collections de poupées.

Fin

On ne connaît pas encore la fin de cette histoire. Peut-être que Disney restera sur ses positions. Nous, on espère toujours qu’on nous rendra la vraie Mérida. On aime bien penser, comme Cécile Dehesdin et Charlotte Podlowski, que ça se terminera ainsi :

Il n’est sans doute pas anodin que l’héroïne rousse et bouclée finisse sans avoir à s’attacher les cheveux. Sans avoir non plus, à s’attacher un mari. A la fin, elle vécut heureuse sans mariage ni enfants, mais sans doute en couchant avec beaucoup de princes et de roturiers. Les cheveux lâchés.

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Auteur : borderblue

Elfe invocatrice, accesoirement étudiante en Marketing & Communication. Rôliste et MJ à ses heures perdues. Amatrice de MMORPGs au point d'être GM, de littérature (de qualité littéraire, j'y tiens) fantasy, fantastique et parfois SF, de cases et de bulles d'ici et d'ailleurs. Nippophile et adoratrice de Nintendo. Geek depuis Sonic et la MegaDrive. Féministe avant même de le savoir.

Une réflexion sur “Il était une fois… Mérida – De Princesse à Poupée – La magie de Disney

  1. Je ne trouve pas les mots pour dire combien la démarche me paraît laide.

    A défaut de laisser Merida avoir ses propres traits, Disney nous dévoile tout simplement son vrai visage…

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